Si les Français ont toujours eu conscience que le bénéfice d’une bonne protection sociale constitue un atout considérable dans le cadre de l’accès aux soins, ils mesurent d’autant plus cette réalité aujourd’hui dans la mesure où ladite protection sociale apparaît pour le moins menacée. Au regard du déficit de trente milliards d’€uro affiché par la Sécurité Sociale au cours de l’année 2010, il est effectivement très difficile pour ne pas dire impossible de se montrer optimiste. Malgré les mesures drastiques prises par les pouvoirs publics afin de limiter les dépenses de santé sur le territoire hexagonal, la branche Assurance Maladie de la Sécurité Sociale reste très nettement déficitaire.
C’est pourquoi au cours de la dernière décennie, les assurés sociaux se sont tournés vers les organismes mutualistes puisque le fait de disposer d’une mutuelle permet de se sentir mieux protégé dans l’hypothèse de la survenance de frais médicaux plus ou moins importants. Néanmoins, la confiance inhérente à l’adhésion à un organisme mutualiste pourrait être bouleversée au cours des prochains mois. En effet, le Gouvernement de François Fillon a pris la décision de davantage les taxer si bien qu’il n’est pas certain que les Français puissent continuer à bénéficier aussi aisément d’une protection sociale complémentaire que par le passé. Il s’agit en conséquence d’une problématique qui préoccupe énormément les assurés sociaux en France parce qu’ils avaient jusqu’à présent le sentiment de pouvoir compenser les lacunes de l’Assurance Maladie par le biais de l’adhésion à un organisme mutualiste proposant des garanties de santé.
Toutefois, cette décision suscite de vives polémiques au sein de la classe politique ainsi que dans les réseaux mutualistes évidemment. En effet, certains observateurs considèrent que les mutuelles disposent de réserves propres très importantes qu’il serait tout à fait pertinent de taxer. Cette idée est cependant vigoureusement rejetée par Yves Bur qui est le rapporteur général du budget de la Sécurité Sociale au cœur de l’Assemblée Nationale. Il est en revanche favorable à l’engagement d’une réflexion profonde à propos des frais de gestions desdites mutuelles : « ils représentent 18 % des cotisations pour les institutions de prévoyance, 21 % pour les mutuelles, 28 % pour les assurances. C’est aux adhérents des mutuelles de se battre pour une réduction de ces frais et décider de l’utilisation des réserves ». A l’occasion de l’adhésion à une mutuelle TNS ou à une mutuelle maternité pour prendre deux exemples antagonistes, il serait parfaitement légitime que les futurs adhérents connaissent la part des frais de gestion dans le montant acquitté des cotisations mensuelles.